Grignoter notre temps de sommeil : allons-nous devenir des robots esclaves du modernisme ?

24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 : le capitalisme à l’assaut du sommeil de Jonathan Crary

 

Le capitalisme à l'assaut du sommeil

Le capitalisme à l’assaut du sommeil

Je profite de la sortie de ce livre qui m’a l’air vraiment passionnant et très instructif (vu les passages et les critiques que j’ai pu lire) pour aborder un sujet délicat : notre relation au sommeil dans notre société moderne frénétique où nous sommes non stop connectés via nos téléphones portables ou nos ordinateurs.

L’auteur y décrit  d’abord l’état d’esprit capitaliste actuel où il  faut être actif et opérationnel à chaque instant, de jour comme de nuit, 24h/ 24 h et 7/ 7.   À quoi bon perdre alors son temps en dormant puisque ce temps précieux pourrait être utilisé à consommer et produire encore plus ?

L’humanité serait  ainsi passée en mode veille, sur le qui-vive continuel. C’est dans ce contexte général que les scientifiques militaires et civils cherchent des moyens de supprimer le besoin de dormir en prenant exemple sur un oiseau migrateur, le bruant à gorge blanche.

Jonathan Crary fait remarquer que  : «Dégager du temps de repos et de régénération humaine coûte à présent tout simplement trop cher pour être encore structurellement possible au sein du capitalisme contemporain.»

Finalement ce livre est une incitation à dormir, à se reposer et à rêver afin de nous extraire de ce monde englué dans une course effrénée.

 Je ne suis pas passéiste, mais je m’interroge …

Sur la déstructuration des nouvelles générations suite à  ce rythme effréné du tout numérique tout le temps où il est plus que jamais nécessaire de discernements méthodiques pour réfléchir « sur » et apprendre à nos enfants et petits enfants à faire la part des choses dans leur univers de digitale native.

Moi-même ayant des enfants ado, je suis confrontée au quotidien à leur approche du sommeil et de l’influence des technologies dans leur vie.

 Où va-t-on si l’on n’y prend garde ?  À vouloir trop tirer sur la corde !

Ne serait-ce pas jouer avec le feu que de vouloir se prendre pour des oiseaux migrateurs ? Avec quelles conséquences  à plus long terme ?

Je repense alors à cette histoire sordide, mais au combien réel de ce jeune stagiaire dans une grande banque londonienne  qui avait défrayé la chronique en été 2013 ;  le temps de quelques articles sur internet, parce qu’il serait mort subitement de manque de sommeil après  avoir travaillé 72 heures d’affilée.

Vive les activités tranquilles !

Pour moi, le sommeil, mais aussi les rêves par voie de conséquence, sont un moyen vital de se régénérer physiquement, mais aussi psychiquement et spirituellement.

Ils sont aussi une source naturelle de contact avec votre subconscient et votre âme : c’est essentiel !

Et se couper de votre sommeil et de vos rêves, ça serait  comme vivre dans un perpétuel jour tapageur et sans fin en vous privant de la nuit qui vous invite  à vous intérioriser et à vous poser tout simplement.

Nous sommes bien loin du rythme tranquille et reposant de nos  arrières- grands-parents  qui vivaient  selon les cycles des saisons, du soleil et de la lune ou au pas du cheval et de la marche.

Je ne souhaite pas revenir dans le passé, mais j’avoue  que je veille  à préserver mon sommeil et mes rêves autant que possible. Je pratique régulièrement la relaxation et la méditation. D’autre part, j’adore me ressourcer simplement dans une Nature paisible.  Et j’avoue que je suis chanceuse d’habiter entre lac et montagne en Haute-Savoie.

Ou encore pour me changer les idées,  j’aime regarder  de temps en temps des téléfilms paisibles tels qu’Hercule Poirot ou l’inspecteur Maigret : c’est à la fois reposant et instructif : ça me fait l’effet d’une sieste !

Et vous, que faites-vous pour vous apaiser dans ce monde frénétique ?  Votre avis m’intéresse, alors laissez-moi un commentaire.

Marie-José Pistoresi