22 mars 2013, journée consacrée au « sommeil et à l’environnement » , mais aux rêves aussi !

 

Célébrons la journée du sommeil comme il se doit !

Selon l’Insee en 25 ans les Français ont réduit leur temps passé à dormir de 18 minutes, contre 50 minutes pour les adolescents. Les nouvelles technologies en sont pour beaucoup. D’autre part, ces dernières provoquent des troubles du sommeil.

Manque de sommeil

Sommeil et smartphone ne font pas bon ménage chez les jeunes

En France, plus d’une personne sur deux est insatisfaite par son sommeil. L’INSV (institut national du sommeil et de la vigilance) souhaite pour la journée du sommeil 2013 mettre l’accent sur les trois ennemis majeurs du sommeil dans l’environnement du dormeur. A savoir le bruit, la température et la lumière. Je vous conseille de faire un saut sur leur site pour mieux vous tenir informés.

Profitons-en pour fêter aussi la journée du rêve !

Malheureusement, sur ce site consacré au sommeil, il est très peu question du rêve.
Il lui donne de surcroît un rôle vraiment limité et c’est bien dommage !

Oniros, l’association française pour l’étude du rêve, que je soutiens et dont je vous recommande le site, déplore justement ce constat :

Elle a, juste titre, rédigé une lettre ouverte à l’INSV pour ouvrir le débat sur la reconnaissance du rêve.

Depuis le temps que je me documente sur les rêves et sur le sommeil, force est de constater qu’une théorie en chasse une autre. Et ce, à cause d’un angle d’attaque différent lié à la spécialité de celui qui l’énonce.

Agrégé de Lettres, Jean Pierrot, dans son recueil thématique le « Rêve », exprime ainsi cette problématique : « Jamais non plus la guerre n’a vraiment cessé entre ceux qui considèrent le rêve comme un chaos informe et sans signification, et ceux qui au contraire lui accordent une fonction capitale […] La raison essentielle de ce mystère persistant est sans doute que, la conscience du rêve n’existant pas dans le rêve nous ne le percevons jamais qu’après coup, au réveil ».

Ainsi, on ne pourra jamais éviter que l’utilité et les fonctions du rêve soient controversées, même si personne ne peut affirmer qu’il ne rêve pas.

Mais revenons à nos moutons ….

Saute mouton

Saute mouton

Dans son dossier de presse « quel environnement pour un bon sommeil ? », l’INSV soulève la problématique du bruit pour le dormeur : « on ne s’accoutume pas au bruit. Le corps réagit toujours et le sommeil se détériore. Il faut se protéger » Dr Joëlle Adrien.

La science s’accorde donc pour dire que même en dormant le corps ne s’extrait pas complètement du monde extérieur. Le cerveau continue à avoir une perception du monde qui l’entoure ; et en analysant les bruits perçus, le corps y réagit.

Cette réaction est différente selon le stade du sommeil : cela se manifeste par des micros- éveils ou par de véritables éveils. Pendant le stade du sommeil paradoxal (période riche en rêves), il arrive que les sons entendus soient intégrés dans le scénario même du rêve. Cela est reconnu scientifiquement.

 

Ces moutons sont en fait le bourdonnement d’une abeille

Le célèbre tableau de Salvador Dali, peignant le rêve de sa femme Gala, est un exemple connu de l’intégration d’un bruit extérieur dans un scénario onirique. Ici ce rêve traduit la crainte réelle de Gala pour les piqûres d’abeilles. Alors qu’elle dormait, elle était consciente du bourdonnement de l’insecte non loin d’elle. Son cerveau à analyser ce bruit particulier comme un danger féroce et les images de son rêve ont amplifié cette crainte. Ce qui a eu pour effet de la sortir de son sommeil.

rêve causé par le vol d'une abeille autour d'une pomme-grenade une seconde avant l'éveil

Rêve causé par le vol d’une abeille autour d’une pomme-grenade

une seconde avant l’éveil de Salvador Dali 1944

 

Il n’y a pas que le bruit que le cerveau analyse et amplifie…

Les sensations organiques provoquées par des événements extérieurs ont une interaction sur les scénarios de rêve : c’est ce qu’on appelle les rêves réactifs. Par exemple vous allez rêver qu’il pleut alors que quelqu’un se douche dans la pièce à côté ou encore vous allez rêver que vous faites guillotiner à l’époque de la Révolution française parce que l’un des montants de votre lit s’est détaché et vient frapper votre cou. Ce dernier cas réel est cité dans l’ouvrage de Maury datant de 1861 : « Le sommeil et le rêve ».

Les rêves réactifs concernent également l’augmentation de la température du corps, une envie d’uriner, une indigestion, etc. Le rêve sera alors influencé par notre physiologie. Par exemple vous pouvez rêver que vous cherchez des toilettes et que vous les trouvez. Cela vous réveille avec une envie pressante de vous rendre réellement aux WC.

Ce genre de rêve est en quelque sorte un indicateur intérieur de notre fonctionnement physiologique ou état physique. Il nous permet de rester en contact avec une certaine réalité malgré le sommeil. Le yoga du rêve tibétain considère qu’il peut même y avoir un rapport entre certaines positions du dormeur et le fait de faire un cauchemar par exemple.

Les rêves réactifs sont une des catégories du rêve en lien avec le corps physique et l’environnement direct. Ils ont leur importance puisqu’ils permettent au dormeur soit de prendre conscience de ses besoins physiologiques et urgents du moment, soit de lui indiquer que malgré le sommeil, une certaine vigilance s’exerce pour éviter un danger et problème possibles.

Le sommeil et le rêve sont intimement liés. En espagnol par exemple, il existe un seul mot (sueño) pour désigner l’un et l’autre.

En cette journée de santé publique des centres du sommeil, il serait bénéfique d’envisager le rêve comme partie intégrante d’un mieux- être nocturne qu’il permet à bien des niveaux.

Je vous souhaite une bonne nuit remplie de rêves !


Et vous, avez-vous souvenir de rêves réactifs qui vous ont interpellés ? Laissez-moi un commentaire ci-dessous.

Je remercie Marc Ben Fatma,reway2007, Salvador Dali de m’avoir permis d’illustrer mon article.

Marie-José Pistoresi


Marie-José Pistoresi