Les rêves et le sommeil vus par un mathématicien

André Lichnerowicz a été un brillant mathématicien français de la fin du XX siècle.

Dans cet interview datant de 1987, il répond longuement à la question : « qu’est-ce qu’un mathématicien, à quoi sert-il ? »

Il en vient à parler du rêve, du sommeil et de l’intérêt de l‘état hypnagogique lors de l’endormissement.

Les outils du mathématicien

Les outils du mathématicien

Le mathématicien se rêve et est un peu artiste

Pour lui, un mathématicien c’est d’abord un artisan qui en se cognant à son propre esprit, apprend une humilité nécessaire. Il se rêve et il est un peu artiste; il n’existe aucune différence dans le cerveau entre un mathématicien travaillant et un compositeur de musique par exemple : c’est le même type d’activité.

André Lichnerowicz insiste sur le lien entre le travail du mathématicien et le rêve vrai.

Les rêves au moment de l’endormissement lui sont utiles

Il souligne l’intérêt de cet état hypnagogique -veille juste avant le sommeil, au moment où l’on s’endort- pour trouver des solutions mathématiques. Il le définit comme un état très favorable, car les censures logiques sont abolies presque charnellement. Du coup dans cet état, ça lui arrive de rêver de mathématiques et brusquement d’élucider des problèmes et ça le réveille.

Sa façon de décrire cet état hypnagogique est fort intéressante ; elle donne l’impression qu’à ce moment, la conscience de veille et l’inconscient des rêves se chevauchent et peuvent cohabiter constructivement.

 

Les rêves en sommeil paradoxal expriment ses désirs

Plus loin, André Lichnerowicz précise que dans son cas, en sommeil vrai, il ne résout pas de problématiques mathématiques. Il rêve qu’il a trouvé la solution alors qu’il n’ a rien trouvé du tout : ses rêves lui renvoient donc simplement son désir de solutionner ses problèmes.

Lorsqu’il dit cela, il a l’air frustré. Personnellement je suis convaincue que lorsque l’on fait ce genre de rêves, il y a un travail intérieur qui nous aide et nous dirige vers une solution possible ultérieure. Ce n’est qu’une étape, car rappelons-nous que le cerveau ne fait pas de différence entre un rêve nocturne et une expérience de veille.

Sur un ton léger il finit par rajouter qu’il est difficile de distinguer un mathématicien qui travaille d’un mathématicien qui dort, car on passe continuellement d’un état à l’autre.

Je vous laisse par vous même découvrir ce personnage fort sympathique et intéressant sous bien des aspects. J’ai passé un moment agréable à l’écouter… Très instructif !

A visionner à 2 minutes : mathématicien un peu artiste ; à 10 minutes 57 : l’état hypnagogique, le rêve désir.

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Marie-José Pistoresi